PSYCHOSOMATIQUE RELATIONNELLE (la suite...)

Une maladie chronique a une répercussion importante évidente sur l’humeur et la vie psychique du malade, tout autant qu’une dépression, qui peut se présenter avec (voire se cacher derrière) de multiples facettes de désordres organiques. On pourrait donc parler de « décompensation » somatique, lors de la survenue d’une maladie organique, comme on utilise ce terme pour parler d’une entrée dans une pathologie psychique.

Prendre en charge des patients qui décompensent, de quelle que façon que ce soit, nécessite alors une approche globale et unifiante. Simplificatrice mais pas simpliste. Une approche qui nécessite de voir le patient en lien avec son univers social, relationnel, mais aussi en lien avec son univers intérieur, ses aspirations, ses frustrations, ses rêves.

Il y a peu de concepts théoriques qui permettent réellement une telle articulation dans la pratique. La simple et vraie présence à l’autre, aussi fondamentale qu’elle soit, ne peut être suffisante pour résoudre des conflits psychiques. Les pathologies organiques dépassent le cadre de la psychanalyse classique. Il est donc important de pouvoir s’appuyer sur un cadre conceptuel tel que la théorie relationnelle pour alimenter sa réflexion et améliorer sa pratique. 

Les concepts clés de la thérapie relationnelle ont été développés par le Pr Sami Ali, et s’articule autour de deux axes fondamentaux :

  • L’étude du fonctionnement psychique selon qu’il inclue ou non le fonctionnement onirique c'est-à-dire le rêve, l’imaginaire en général, avec un intérêt particulier pour la façon dont la personne vit ses affects. 

  • Le repérage de la situation de conflit ou d’impasse relationnelle dans laquelle est pris le sujet. La mise en évidence des situations conflictuelles, dépassables ou non, auxquelles il est confronté est essentielle pour comprendre son équilibre psychosomatique.

Le fil directeur de ce travail est le rêve qu’il s’agit de comprendre et non d’interpréter comme dans une pratique analytique classique.  Pas d’interprétation donc, ni de dictionnaire des symboles, mais un travail de mise en perspective dans l’univers relationnel du sujet. Chaque objet ou situation rencontré dans le rêve, est porteur d’une signification qui appartient en propre à l’individu et qui constitue sa spécificité, son identité, sa richesse, le renvoyant toujours à sa propre histoire. Le rêve retrouve alors sa fonction de mettre en relation le dormeur avec lui-même et sa capacité de création et de transcendance. 

Favoriser le travail du rêve, permettre la libération des affects refoulés et remettre en mouvement ce qui s’est figé, pour être enfin non plus spectateur mais acteur de sa propre vie et lui donner du sens, tel est l’enjeu de la psychothérapie.